Contrairement à Alexandre, je pense que le G8, réunion des chefs des Etats les plus puissants économiquement est utile. Certes, il n'en sort rien de bien grandiose, les résultats et les communiqués officiels sont d'une grande pauvreté, mais ce n'est pas là qu'il faut regarder.

Ces sommets ont un autre rôle, celui de permettre aux dirigeants des principaux pays de la planète de se rencontrer régulièrement, de se connaitre et de pouvoir échanger librement, en face à face. Le G8 est utile quand on trouve Chirac, Blair, Schroder et Bush assis dans un canapé. Parce qu'ils ne parlent pas de la pluie et du beau temps, mais traitent des dossiers aux enjeux très lourds. On peut ainsi désamorcer des crises, exprimer directement le fond de sa pensée. A notre petit niveau, on imagine très difficilement que de très grandes décisions internationales tiennent à des facteurs personnels. Suivant le degré de connaissance (et de confiance) qui unit deux chefs d'Etat, une situation peut se débloquer ou s'envenimer.

Les sommets officiels à date fixe ont cette particularité de permettre à deux chefs d'Etat plus en moins en bisbille de se rencontrer sans que cela ne soit mis sur le compte du litige. Avec Poutine au G8, je suis à peu près certain que l'on a parlé gaz et énergie. On a sans doute aussi parlé Irak entre américains et européens. Allez donc organiser une conférence internationale des chefs d'Etat sur ces deux sujets sensibles! Monter une rencontre au sommet n'est pas chose banale, et quand les principaux dirigeants de la planète n'ont pas d'occasion comme celle du G8, il est parfois très difficile d'en organiser sur des sujets "ad hoc". Car s'il n'en sort officiellement rien, on va crier à l'échec. Alors que s'il ne sort rien d'un G8, tout le monde ou presque s'en moque.

Si le G8 ne servait réellement à rien, les chefs d'Etat ne se déplaceraient pas en personne et enverraient des sous-fifres.