En parcourant la liste officielle des candidats aux législatives, je suis frappé, concernant une circonscription que je connais bien, par l'étiquette choisie par le candidat communiste. Depuis bientôt 20 ans, c'est lui le candidat du PCF à toutes les élections. Sociologiquement, il colle parfaitement à l'idée que l'on se fait du militant communiste : instituteur barbu (brave type par ailleurs). Pour cette élection législative, il se présente sous l'étiquette "gauche alternative et antilibérale".

Deux explications possibles. Soit il n'est plus au Parti communiste, mais le connaissant, ce n'est guère crédible. L'autre alternative est que, considérant l'étiquette PCF comme un handicap, il l'ait jeté aux orties pour prendre celle, plus sexy, de "gauche antilibérale". En tout cas, c'est un symbole qui tombe. Après les différents désastres électoraux, notamment aux présidentielles de 2002 et 2007, la "marque commerciale" PCF était le seul actif qui restait dans le fond, avec les murs de la place du Colonel Fabien. Si même les vieux militants n'osent plus se dire "communistes", c'est le début de la fin. Le PCF va sans doute descendre encore plus bas après les législatives, en passant probablement en dessous des 20 députés, seuil de création d'un groupe parlementaire. Ils arriveront sans doute à le sauver en faisant entrer des actionnaires minoritaires (genre les Verts et quelques divers gauches non-inscrits) , mais c'en sera fini du groupe communiste homogène, expression du parti sur les bancs de l'Assemblée nationale.

J'attend la suite des évènements, notamment le sort qui sera fait en interne à Marie-George Buffet, mais il est clair que le PCF est mort. Intellectuellement et doctrinalement, c'est acquis depuis longtemps, mais maintenant, c'est le cadavre qui commence à se décomposer, malgré l'abus de produits de conservation. L'acharnement thérapeutique a pourtant ses limites, car quand il n'y aura plus d'argent public, plus d'élus et plus de militants, il faudra bien aller déclarer le décès à l'Etat-civil et ouvrir la succession.