Philippe Douste-Blazy n'est pas candidat aux législatives à Toulouse. Parfois, mieux vaut renoncer, pour préserver ses chances de rebondir ailleurs, sur un autre mandat, dans un autre lieu. Je pense que Douste-Blazy saura le faire, il a l'échine assez souple et la ténacité chevillée au corps.

Ce renoncement est quand même un échec, celui d'une transplantation. Élu à Lourdes, Philippe Douste-Blazy s'y trouvait un peu à l'étroit, et une ville plus grande correspondait mieux à l'idée qu'il se faisait de son envergure politique. Au même moment, Dominique Baudis quitte la vie politique pour devenir président du CSA. Toulouse est libre et convient parfaitement à ce que cherche Douste-Blazy. Un parachutage est donc organisé et plus ou moins réussi, grâce essentiellement au soutien de Baudis, qui impose son successeur. Il a été bien déçu, car lors de l'affaire Allègre, Douste-Blazy "oublie" de donner des informations essentielles à son prédécesseur et "ami". S'il n'y avait que cela ! Aux municipales, de 2001, Douste-Blazy promet aux toulousains de se consacrer uniquement à eux. Effectivement, en 2002, il n'entre pas au gouvernement, mais c'est surtout parce qu'on ne lui a pas proposé un poste à la hauteur de ses ambitions. En 2004, il oublie bien vite sa promesse et s'empresse d'accepter le quai d'Orsay, avec le bonheur que l'on sait.

Philippe Douste-Blazy s'est comporté avec une désinvolture et un mépris pour les toulousains. Il ne s'intéressait qu'à sa progression de carrière, suivant un modèle malheureusement trop courant en France. Pour certains, la carrière politique s'apparente à la carrière administrative. On passe le concours (où on est coopté) et ensuite, on gravit les échelons, passant d'un petit poste à un autre, plus important. L'attachement à un territoire, à ses habitants est parfois très relatif. Certains s'en foutent complètement, d'autres se présentent comme des mercenaires, des condottieri dans une stratégie de bénéfice mutuel. Vous m'élisez, en échange, j'organise la pluie de subventions. Quand l'orage commence à monter, on se transfère ailleurs, dans une autre ville, un autre département. On ainsi des champions du nomadisme électoral.

Je suis assez heureux de cet échec de Philippe Douste-Blazy à Toulouse, car c'est une manière de faire de la politique que je n'approuve pas. Un élu est d'abord au service de ses concitoyens, et l'idée de "carrière politique" me dérange. Certes, il faut de l'expérience, de l'ancienneté et cela s'acquiert en passant dans différents postes, différents mandats. Mais du moment que cela se fasse sur le même territoire, je ne suis pas choqué. François Fillon est passé par tous les postes, mais uniquement dans la Sarthe, et récemment, il a encore redit son attachement à sa ville de Sablé. Un ambitieux aurait vite déserté cette bourgade pour tenter sa chance sur Le Mans. Il ne faut donc pas désespérer des politiques, juste faire le tri entre le bon grain et l'ivraie.