Koztoujours se désole que de plus en plus d'églises rurales soient menacées de démolition. Que l'on détruise une église présentant un intérêt historique ou architectural me désolerait également, par contre, la disparition des églises de centre bourg, construites au XIXe siècle et sans aucun charme, cela m'indiffère totalement.

Ce qui désole surtout Koz, c'est la signification symbolique de ces démolitions. L'église catholique disparait progressivement du paysage physique. Le disparition des églises des bourgs est le signe du déclin de la pratique religieuse, mais aussi et surtout de l'emprise de la religion sur la société. Car l'occupation de l'espace dans une agglomération n'est pas due au hasard. Que trouve-t-on au centre, sinon les lieux de pouvoir et les locaux nécessités par des activités collectives. Le bâtiment église joue ce double rôle, à la fois équipement collectif et lieux de pouvoir. Aujourd'hui, on ne bâtit plus d'église dans les bourgs, tous sont équipés depuis bien longtemps. Mais si par hasard cela se produisait, la construirait-on au centre du bourg. Sans doute pas, car l'église catholique a perdu depuis longtemps son pouvoir temporel et son rôle de "lien social", de fédération de la communauté. A la place, que trouve-t-on, des salles polyvalentes, plus adaptées aux pratiques sociales et collectives de notre siècle.

Aujourd'hui, la question se pose du financement de l'entretien et de la réparation du bâtiment église. La solution la plus évidente pour ces églises du XIX e siècle est la démolition. Ce sont des bâtiments souvent remplis de malfaçons, le curé (ou la municipalité) à l'origine de la construction ayant vu grand sans mettre les moyens suffisants. Au début, c'est joli, neuf et moderne, mais qu'est ce que cela peut mal vieillir. Le bâtiment est donc souvent en mauvais état et surtout vide ou très peu utilisé. Et qui plus est inutilisable pour d'autres activités. C'est le diocèse qui est "affectataire" et donc unique utilisateur autorisé, et bien souvent, l'église catholique répugne à laisser d'autres utiliser ce lieu qu'elle estime sacré. Et même si le bâtiment était "désaffecté", on ne voit pas bien comment le reconvertir. Dans ces conditions, j'estime abusif que l'on mette de l'argent public dans la rénovation à grands frais de ces bâtiments sans utilité et sans intérêt. Si les catholiques veulent préserver un réseau surdimensionné d'églises, qu'ils mettent la main au porte-monnaie.

L'emprise de la religion sur la société française est un fait, il était prévisible que les signes visibles de cette prééminence finissent par s'estomper. Une page se tourne, certains peuvent le regretter, mais c'est dans l'ordre des choses.