Le grand cirque de la composition du gouvernement se poursuit, doublé de celui des derniers ajustements pour les investitures législatives. Que d'appétits, que de démonstrations d'une "volonté de servir" ses concitoyens qui ne pourrait s'épancher qu'en étant ministre ou député.

Pour avoir vu pendant un certain temps le fonctionnement du Parlement et les pouvoirs dévolus aux députés, je me demande ce qu'ils recherchent à part leur petite gloire personnelle. Un ministre a un peu plus de pouvoir (quoiqu'avec Sarkozy, ce n'est pas certain), mais le choix n'est pas d'être ministre ou rien. Président du Conseil général des Hauts de Seine, ce n'est pas rien, Devedjian pourrait se montrer heureux, il y sera certainement utile.

On peut être utile sans être élu, on peut faire de la politique active sans approcher un parti politique, sans avoir le moindre mandat politique. Claude Guéant, le nouveau secrétaire général de l'Elysée est certainement plus utile à sa place que sur les bancs de l'Assemblée. Du coté de la Gauche, les réflexes sont les mêmes. Mouloud Aounit, président du MRAP (association que ne chérit pas spécialement) veut de toute force se présenter aux législatives. Il est pourtant bien plus efficace et utile aux causes qu'il défend en étant au MRAP. L'engagement associatif est pourtant une possibilité formidable de faire avancer ses idées, ses convictions, bien plus que l'entrée en "politique" où on est trop souvent accaparé par la gestion du quotidien et les impératifs de la représentation.

C'est l'éternel dilemme que de choisir entre le pouvoir (être celui qui signe) et l'influence (être celui qui rédige le document que le détenteur du pouvoir signera). Bien souvent, il vaut mieux être du coté de l'influence pour faire avancer les choses, mais il y en a qui ont un tel besoin de lumières et de projecteurs. Comme les papillons, ils vont souvent se griller sur la lampe, débarrassant ainsi le plancher et laissant la place aux vrais militants, ceux qui placent leurs idées avant leur ego.