Après avoir vigoureusement plaidé pendant sa campagne présidentielle pour le non cumul des mandats, après avoir annoncé qu'elle ne se représentait pas aux législatives, voilà que Ségolène Royal se présenterait finalement dans les Deux-Sèvres, expédiant de manière cavalière sa jeune remplaçante, Delphine Batho, dans le Nord. Je doute que les militants des deux circonscriptions concernées aient été consultés, mais c'est vrai que la démocratie participative, l'ordre juste, c'est pour le fonctionnement de la France, pas du PS. L'intéressée dément, mais les informations du Figaro et du Parisien sont suffisamment précises (notamment sur le point de chute de Delphine Batho) pour qu'on puisse s'interroger. Il n'y a pas souvent de fumée sans feu en matière politique et notamment d'investitures.

Je sais bien que le système politique français est ainsi fait que le cumul est quasiment une obligation tant qu'il n'est pas interdit. Pour autant, certains, à droite comme à gauche refusent ce cumul et ça leur coute. Mais justement, c'est quand une décision coûte qu'elle est courageuse et significative. Quand Ségolène Royal annonce, une fois investie pour la présidentielle qu'elle renonce à se représenter au législatives, cela ne lui coute pas grand chose et permet de prendre la posture du "je m'applique personnellement ce que je préconise". En fait, on aurait été uniquement dans la posture. Si elle retourne sa veste aussi facilement sur ses autres promesses de campagne et sur ses "convictions", c'est à la limite de "l'immoralité". Aurait-elle cherché à nous prendre pour des imbéciles ? Attendons de voir...