A peine Sarkozy élu, certains commencent à dénoncer les réformes qu'il n'a pas encore eu le temps de proposer concrètement. Au moins, cela permet de se faire une idée de ce que vaut une grève étudiante. En fait, ce n'est rien que quelques apprentis agitateurs, qui se remontent le bourrichon et s'échauffent les esprits dans un amphi, qui organisent des "votes" autrement moins démocratiques que celui qui a eu lieu le 6 mai dernier. Et les journalistes s'empressent de donner dans le panneau en qualifiant ces perturbateurs de grévistes et leur occupation illégale de "blocage".

Le jeune Bruno Julliard, patron de l'UNEF, se désolidarise de ces initiatives (contrairement à Krivine), suivant en cela les ordres de la rue de Solférino. Surtout, aucun désordre de rue, aucune action violente avant les législatives. J'aime beaucoup le choix du terme utilisé par Julliard pour qualifier ces actions : "contre-productives". Sur le fond il est d'accord avec ce type d'action, les manifestations, les occupations sauvages de locaux publics, voire les violences. C'est juste que ce n'est pas le bon moment et cela va à l'encontre de l'objectif immédiat qui est de sauver les meubles aux législatives. J'aurais aimé une dénonciation plus ferme de ce mépris du vote démocratique, qui a donné une légitimité forte à Nicolas Sarkozy. On peut imaginer le pire, se demander à quelle sauce on va être mangé, mais attendons quand même de voir concrètement ce qui va se passer avant de hurler à l'assassin.