La Pologne se lance dans une politique dangereuse, de division et de haine. Près de 18 ans après la chute du régime communiste, les personnes occupant des postes de responsabilité doivent dévoiler leur passé, sachant que tout lien avec l'ancien régime entraîne la quasi mise au ban de la société. C'est là un mouvement de fond, pas une simple mesure anecdotique, révélatrice de la véritable nature de la Droite polonaise.

A l'inverse de l'Afrique du Sud, qui a mené une grande politique de réconciliation, pour renforcer la Nation et éviter la guerre civile, la Pologne vient ressortir les vieux démons, stigmatisant inutilement des personnes qui ne représentent plus une menace puisque le retour du communisme en Pologne est du domaine de l'utopie. Alors pourquoi provoquer ces scissions, cette haine qui pourrait déchirer les familles, sinon par un esprit de revanche ou pire, un projet de transformation idéologique d'un pays, d'un peuple. Ce qui est désolant, c'est qu'une partie non négligeable de l'Eglise catholique polonaise (désavouée sur cela par Rome) soutienne cette politique, pourtant si contraire au message d'amour du Christ.

J'avoue avoir du mal à comprendre, et encore plus de mal à admettre qu'une bonne partie de notre intelligensia française, si prompt à voir et à dénoncer le spectre de l'extrême droite ne réagisse pas, alors qu'il est là, à l’œuvre dans un pays de l'Union Européenne. Certes, les jumeaux de Varsovie ne se présentent pas ouvertement comme d'extrême droite, mais ils sont soutenus par des partis où Jean-Marie Le Pen se sentirait comme chez lui, et surtout, mettent en œuvre une politique réellement digne de l'extrême-droite. Car c'est comme cela qu'il faut lire les mesures adoptées en Pologne, comme une volonté d'exclure de la communauté nationale des personnes en fonction de leurs idées politiques. La chasse aux juifs a commencé comme cela, en Allemagne.