Après Le très libéral (et c'est un euphémisme) Édouard Fillias, après Azouz Bégag, voici que c'est maintenant Nicolas Dupont-Aignan qui se rallie à François Bayrou. Là, je comprends de moins en moins la cohérence. Que va faire un souverainiste forcené, qui se prétend gaulliste (et qui est peut-être celui à le plus droit à ce titre) chez un démocrate-chrétien fédéraliste. On aura tout vu ! Franchement, le siège de campagne de François Bayrou ressemble de plus en plus à une auberge espagnole, le rendez-vous des anti-sarkozy, ceux qui n'ont pas voulu se rallier au président de l'UMP, ou pire, ceux dont on n'a pas voulu à la rue d'Enghien, et qui viennent, par dépit, offrir leurs services à l'UDF.

Ce qui me surprend le plus est que François Bayrou puisse voir dans ce rassemblement hétéroclite une marque de son importance et de sa capacité à rassembler. Il y arrive, parce qu'à droite, c'est lui ou Sarkozy et que depuis 5 ans, il s'efforce d'être le village d'Astérix, celui qui résiste à l'envahisseur. C'est joli, c'est pittoresque, très gaulois finalement. La posture du résistant a toujours séduit en France, par son coté panache, son intransigeance. Oui, mais s'il n'y avait pas eu les romains, la France ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui. Un rassemblement de mécontents et de frustrés n'a jamais permis de gouverner. C'est tout le drame de l'UDF de ne pas pouvoir aller au delà de la fonction tribunitienne, celle qui proteste, pour passer à une véritable force de gouvernement, celle qui rassemble autour d'un projet.

J'attends avec gourmandise que l'entourage de Bayrou nous dise ce qu'il va faire de tous ces "réfugiés politiques", quel rôle va être le leur dans son dispositif, pour la campagne, mais surtout, après la campagne...