Eric Besson lance une charge d'une rare violence contre Ségolène Royal souhaitant ouvertement sa défaite. Venant d'un ancien cadre de haut rang du PS, cela laisse pantois et montre l'étendue du drame de ce parti, qui se rend compte de sa monumentale erreur de casting.

Ségolène Royal y est décrite comme une femme autoritaire, adepte de l'exercice solitaire du pouvoir, uniquement préoccupée de sa gloire personnelle et de son image. Cela correspond exactement à ce que j’entends d'elle, notamment par la voix d'élus socialistes de la Région Poitou-Charentes, qui la détestent (et j'ai le témoignage direct d'un parlementaire socialiste de la Charentes, qui a tenu sur Ségolène Royal des propos peu amènes). C'est également ce que raconte son ancienne attachée parlementaire (passée depuis à l'UMP). Bien entendu, ce sont des attaques de campagne, et il faut les prendre avec prudence. Mais cela fait beaucoup trop de témoignages concordants, publiés ou off et comme le dit la sagesse populaire participative, il n'y a pas de fumée sans feu.

Comme j'ai eu l'occasion de le dire, une campagne électorale met à nu, dévoile les personnalités. Si Ségolène Royal est élue, on ne pourra pas dire que l'on ne savait pas. Mais nombre d'électeurs, plus ou moins militants, vont une fois de plus faire abstraction de ces considérations et voter pour "l'étiquette", sans enthousiasme, voire à reculons. Mais ils voteront quand même, parce qu'une élection, c'est un choix à opérer dans un panel limité, où il faut faire avec ce qu'il y a, en sachant qu'il y en aura forcement un qui sera élu. La personnalité n'est qu'un paramètre parmi d'autres et plus qu'une personnalité, l'électeur un peu politiser souhaite faire gagner son camp.

Si des reproches doivent être faits, ce sont les militants PS qui les méritent le plus. Le rôle des partis est de sélectionner, pour que les électeurs qui veulent soutenir ce camp ne soient pas contraints de voter à contre-coeur, car même si le candidat est élu (on peut l'être par défaut), sa légitimité personnelle et donc sa capacité politique est faible. En 2006, les militants PS ont clairement failli, en ouvrant à tout va la possibilité d'adhérer, ils se sont jetés dans les bras d'une aventurière. Qu'ils ne soient pas surpris d'en payer le prix.