Vivement que cette campagne présidentielle se termine, que l'on puisse à nouveau bloguer normalement, sur des sujets qui en valent la peine. Je renonce officiellement a commenter plus avant les programmes des candidats, car je ne suis plus en mesure de distinguer le lard du cochon. Actuellement, les candidats, tous quels qu'ils soient, multiplient les promesses, au point que l'on ne sait plus ce qui relève de leurs vrai projet, de ce qu'ils vont effectivement mettre en oeuvre et l'ensemble des promesses et déclarations destinées à flatter tel électorat, à éviter de s'aliéner tel autre. On nage en plein délire, et je prend pour exemple la question de la viticulture.

C'est un lobby puissant en France, avec un secteur qui va plutôt mal, donc aux abois. Alors que Nicolas Sarkozy ne boit pas une goutte d'alcool, on l'a vu aller prendre un verre de vin blanc, à Sancerre au milieu des viticulteurs, en leur promettant ce qu'ils ont envie d'entendre. Cette profession s'est mis en tête que le vin, ce n'est pas de l'alcool, et qu'il faut les exonérer des effets de la loi Evin. Ils commencent par attaquer sur la question de la publicité, accusant les restrictions d'être la cause des difficultés du secteur. Qu'est ce qu'il ne faut pas entendre comme âneries et contre-vérités.

Il n'y a qu'une partie de la viticulture qui va mal. En Champagne, par exemple, les affaires marchent du tonnerre. C'est le Languedoc, le Beaujolais et le Bordelais qui trinquent. Et s'ils souffrent, c'est largement de leur faute, de leur refus de s'adapter et d'évoluer. Face aux concurrents californiens, australiens, chiliens, il faut utiliser les mêmes armes, c'est à dire user du marketing et surtout, faire un vin qui répond aux attentes des consommateurs. Or, les viticulteurs français, imbus de leur supériorité, ont longtemps été dans l'idée qu'ils faisaient le vin qu'ils voulaient, en petits artisans à la Jean-Pierre Coffe, et que naturellement, le public achèterait. Et bien non, cela ne marche plus comme cela et si le public veut du vin boisé et chaptalisé, même si on est dans la faute de goût (pour les puristes), on fait du vin boisé et chaptalisé, surtout quand on vise les marchés à l'exportation. Si le public veut de la lisibilité dans le produit qu'il achète, on lui en donne au lieu de rester sur un système d'AOC où seuls les sommeliers diplômés s'y retrouvent. Qui n'a jamais connu le grand moment de perplexité au rayon vin, à savoir lequel prendre, et en achetant parfois "à l'aveugle" un bouteille qui avait une belle étiquette. Et bien entendu, il n'y a plus de place pour la piquette, ce vin de table qu'on vend au cubit. Il faut produire de la qualité et certains terroirs, comme le Languedoc, sont encore trop inégaux, d'excellents vins voisinant avec des cuvées médiocres (voire franchement mauvaises). C'est faute d'avoir évolué que la viticulture française est en crise. Ce n'est donc pas en libéralisant la publicité pour le vin que l'on va changer quoique ce soit, les vignerons le savent, les candidats le savent, et pourtant...

En voulant faire plaisir et dire aux diverses catégories ce qu'elles ont envie d'entendre, les candidats montrent leur perméabilité aux pressions diverses et variées. Quand on pèse électoralement ou symboliquement, on peut faire dire n'importe quoi à un candidat en campagne, y compris ce qui va à l'opposé de sa pratique habituelle. Comment voulez-vous alors démêler le vrai du faux, et croire aux promesses, trop nombreuses pour être sincères.