L'information semblait fiable : si la Droite reste au pouvoir, il n'y aura que 15 ministères, pas un de plus. On opérera des regroupements pour avoir enfin des pôles cohérents et un nombre restreint de responsables politiques (quitte à nommer des secrétaires d’État). Cela générera des économies substantielles en supprimant des réunions interministérielles de coordination. On en finira aussi avec ces ministères de pur affichage aux appellations parfois folkloriques et ne gérant dans les faits aucun service administratif.

Et patatras, Sarkozy nous sort du chapeau un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale". Exactement le genre d'OVNI ministériel que l'on voulait supprimer. Sans parler du caractère très politique et controversé de l'appellation, je m'interroge sur les directions d'administration centrale qui vont être placées sous les ordres de ce ministre. Car la politique de l'immigration est transversale, faisant intervenir le ministère de l'Intérieur pour les préfectures et la surveillance des étrangers, le ministère des affaires étrangères pour la délivrance des visas et les naturalisations, la Défense et l'Intérieur pour les centres de rétention. Cela implique donc de reprendre les bonnes vieilles pratiques consistants à faire passer les directions centrales d'un ministère à un autre, de redécouper sans cesse, alors que l'idée de réforme était de figer les découpages ministériels (comme cela existe aux USA). Ce ministère inédit aura-t-il une réelle efficacité, j'en doute car on est dans la même logique que l'inflation législative, sauf qu'au lieu de faire une loi-miracle, on crée un ministère, qui du seul fait de son existence, va régler la question. Si c'était le cas, le ministère de l'emploi aurait depuis longtemps réglé la question du chômage...

C'est affligeant de voir que pour des raisons de racolage électoral, un candidat comme Nicolas Sarkozy fout en l'air une mesure utile au bon fonctionnement de l’État. Les vieux réflexes ont décidément la vie dure.