Ça y est, François Bayrou passe le cap des 20% d'intentions de vote. Il entre maintenant dans un club très fermé, celui des vainqueurs potentiels. Cela change beaucoup de choses.

Il cesse d'être un candidat de témoignage, dont le but est de faire un score qu'il pourra monnayer auprès d'un qualifié du second tour. Ceux-là, les gros candidats ne les attaquent pas trop, parce qu'ils sont utiles au second tour, puisqu'il faudra bien rassembler. Bayrou a profité de cette situation, où Sarkozy, mais aussi Royal, pouvaient espérer puiser dans son vivier, dont on savait dès le départ qu'il mordrait un peu sur l'aide droite du PS (chez les sociaux-libéraux).

Désormais, l'indulgence est terminée et c'est à l'artillerie lourde que le PS pilonne. C'est DSK en personne qui est à la manoeuvre dans "le monde", pour mettre la pression et faire exploser la posture "au dessus des partis" de Bayrou. Son programme commence à être examiné à la loupe et disséqué, bien plus que ce qui a été fait jusqu'à maintenant. Comme c'est le PS qui a plus à craindre et à perdre, c'est eux qui montent en ligne, mais l'UMP attend derrière et n'hésitera pas, si le centriste tient le coup, à balancer quelques obus, car un second tour Bayrou-Sarkozy, c'est à très haut risque pour l'UMP.

Bayrou avait incontestablement la stature pour faire une bonne campagne de témoignage. Sera-t-il à la hauteur, ses équipes le seront-elles pour affronter un autre type de campagne ? C'est maintenant qu'il est entré dans le cour des grands que l'on va savoir s'il a l'étoffe d'un président.