Il n'y aura de "candidat unitaire de la gauche antilibérale" aux prochaines élections présidentielles. C'est officiel, même si on le savait déjà depuis bien longtemps, Arlette et Olivier ayant décidé de partir seuls. Toute la manœuvre consistait pour chaque partenaire à sortir de cette impasse en évitant d'assumer la responsabilité de l'échec, et si possible en faisant porter le chapeau à un autre.

Le prétexte officiel a donc été le maintien de la candidature de Marie-Georges Buffet, refusée par les "collectifs" antilibéraux. Une pantalonnade d'extrême-gauche de plus, qui aura permis à certains jeunes loups (ou louves) de gagner en notoriété (pour leur profit personnel). La meilleure à ce jeu a sans doute été clémentine Autain, qui passe du statut d'illustre inconnue à celui d'étoile montante de la gauche radicale. D'autres auront vu leur image écornée, comme José Bové, qui est désormais politiquement marqué. Oublié le syndicaliste issu de nulle part, vierge de toute appartenance et dénué d'ambitions personnelles.

Pour le reste, rien de nouveau sous le soleil. L'extrême-gauche est toujours aussi incapable de sortir des querelles microscopiques de courants, où les luttes internes sont d'autant plus sauvages que les conflits idéologiques recoupent souvent des conflits de personnes. Ce qui est le plus sidérant est que la rhétorique d'extrême-gauche n'arrête pas de mettre en avant les termes de "collectif", "collégial", "unitaire", alors que dans la pratique, ce ne sont que manœuvres pour se placer, pour exercer le pouvoir (personnel bien sûr). Il faut reconnaitre une fois de plus la grande habileté tacticienne mis en œuvre de part et d'autres. Tellement habile, tellement subtile qu'elle passe largement au dessus de la tête des bons citoyens français, qui ne comprennent qu'une chose : encore en train de se chamailler !

N'ayant aucun poste exécutif, aucune collectivité à gérer, l'extrême-gauche (et je mets les Verts dans le même sac) n'ont pas appris la culture de la responsabilité, le fait que la Politique, c'est aussi fait pour trancher et pour avancer. Depuis 30 ans, quel est le bilan concret de tous ces "collectifs", qui se voudraient tant unitaires. Rien ! Que d'énergie gaspillée, car se disputer autant, pour finalement, ne pas obtenir grand chose, vu qu'ils n'ont pas accès aux postes à responsabilités, les vraies, celles où on peut avoir une action concrète et directe sur la société. Je trouve cela très dommage, il y a tellement de choses à faire autrement plus utiles.