La commission d'enquête sur les sectes, qui agissait sous couvert des droits des enfants, a rendu son rapport. Je reviendrai une autre fois sur le fond, mais comme on pouvait s'y attendre, le rapport s'aligne sur les positions des associations anti-sectes. Pourtant des réserves se sont élevées au sein même de la commission. Je vous livre ici des extraits de ces réserves (page 197 du rapport), certes prudentes, qui vont dans le sens de ma pensée sur le sujet.

"Il faut toutefois émettre quelques réserves qui, je l'espère, permettront d'approfondir la réflexion, et notamment sur un problème de fond que j'avais déjà souligné lors de nos réunions : la secte n'est pas définie sur le plan juridique. Les mots ou expressions « sectes », « dérive sectaire », « fait sectaire », sont utilisés sans différentiation et recouvrent des situations et des personnes les plus diverses. Finalement, une confusion est entretenue"

"L'absence de définition conduit à la fois à une conception trop large qui embrasserait des mouvements religieux minoritaires dénués de la moindre nocivité et exclurait paradoxalement des dérives thérapeutiques qui se situent davantage dans le domaine des médecines alternatives."

"Les notions de « dérive sectaire » ou de « fait sectaire » sont très ambiguës. Que désignent donc ces termes ? Le rapport n'apporte pas d'éléments assez précis."

"Il s'agirait en fin de compte d'une atteinte à la neutralité de l'État face au fait religieux. De ce point de vue, la contradiction du rapport qui cite les mouvements à exigence morale forte et ceux à transgression, relèvent de l'ambiguïté et de la subjectivité."

"Les propositions en matière pénale, à l'exception de la proposition 34 du rapport, sont propices aux dérives. Le droit pénal est un droit d'application stricte. Les infractions doivent être définies sur le plan matériel et légal. On ne peut présupposer qu'une catégorie de citoyens soit présumée délinquante en raison de croyances individuelles."

Je remercie ce parlementaire d'avoir eu le courage d'aller contre les enragés de cette commission, et de prendre ainsi la défense de la liberté de conscience et de croyance. Je vous laisse découvrir de qui il s'agit.