La dernière baudruche politico-médiatique concerne la candidature de Michèle Alliot-Marie à l'élection présidentielle. Tout le week-end, les journaux n'ont bruissé que de cela. Même Koz s'y est mis, après plusieurs autres articles sur le sujet.

Cette pseudo-candidature n'a strictement aucune chance d'aller à son terme, si tant est qu'elle soit officiellement lancée. Le système de financement des partis politiques et des campagnes électorales a parfaitement verrouillé l'élection présidentielle. Les dons des personnes morales, hormis les partis politiques, sont strictement interdits. Les seuls sources pour financer une campagne sont les apports personnels des candidats, les dons des particuliers (plafonnés à 4600 euros par personne) et les apports des partis politiques. Lors de la dernière élection présidentielle, en 2002, les recettes des gros candidats ont tourné entre 12 et 18 millions d'euros. Comment faire sans le soutien financier d'un parti politique ? Si vous avez la solution, proposez-là à Michèle Alliot-Marie...

Ce qui motive les membres du clan Chirac, c'est de montrer à Nicolas Sarkozy qu'ils existent encore et qu'ils ont une capacité de nuisance. Ils ont perdu le contrôle de l'UMP, entièrement dans la main de Nicolas Sarkozy. Je ne vois pas comment un ou une autre pourrait être investi et surtout financièrement soutenu par l'UMP. Leur seule solution pour exister, voire pour survivre au delà de 2007 est de montrer les muscles, de gonfler les biscotos. Il faut montrer que l'on doit encore compter avec eux. Leur soutien, bien entendu, ne sera pas gratuit. Il va falloir offrir des postes, des prébendes et laisser le vieux chef couler une retraite paisible. On peut compter sur Jacques Chirac pour préserver les intérêts matériels de ses fidèles. C'est l'une des rares choses qu'il ait accompli avec constance et efficacité tout au long de sa carrière politique.

Il faut donc faire monter les enchères et pour cela, rien de mieux qu'une bonne séance de gesticulation médiatique. Ce qui est vraiment triste, c'est que les journalistes politiques se prêtent au jeu et donnent à fond dans le panneau. Ce n'est pas encore aujourd'hui qu'ils vont remonter dans mon estime.