Comme beaucoup, j'ai écouté notre président de la République, hier soir sur France 2 (seulement la deuxième partie). Comme beaucoup, je n'en attendais pas grand chose. J'ai alors pris la peine d'écouter, pas seulement entendre, ce que le président disait. Au delà de l'aspect "communication marketing", exercice obligé de ce genre d'intervention, j'en ai retenu des paroles qui, quand on veut bien se donner la peine de faire attention, sont finalement plus sensées et intéressantes que ce que les médias veulent nous faire croire.

J'ai été très marqué par cette réflexion de Chirac qui dit que les succès actuels, notamment sur le plan économique, sont dus au travail des français. Le gouvernement peut impulser, accompagner, mais il ne peut pas tout faire à la place des gens. Et quand on regarde les résultats économiques, on relativise beaucoup le catastrophisme d'une France qui serait en train de s'écrouler. Certes, ce n'est pas parfait, mais les années Chirac n'auront pas été une période d'effondrement et de fragilisation, comme les années Berlusconi ont pu l'être pour l'Italie. La France n'a peut-être pas beaucoup avancé, elle n'a pas beaucoup reculé non plus !

J'ai été aussi profondément agacé par Arlette Chabot, parfaite représentante de ce milieu médiatique parisien. En poste depuis 1974, elle atteint, comme beaucoup d'autres dans les hautes sphères médiatiques, des records de longévité. Et ce sont les mêmes qui trouvent que la classe politique ne se renouvelle pas assez et qui tirent sur Chirac, en poste depuis 40 ans. L'hôpital qui se fout de la Charité ! Dans la deuxième partie de son interview, elle n'a pas arrêté de ramener les histoires de personnes, les querelles, les rivalités. A chaque question sur la fin de l'entretien, c'est Villepin par ci, Sarkozy par là. Comme si la politique et la chose publique se limitait à ces considérations au ras du sol. Chirac ne s'est pas privé d'évoquer "l'ébullition médiatique", les "fantasmes" et les "débats pseudo-intellectuels d'un certain nombre de commentateurs". Qu'il y ait des désaccords et des discussions entre les personnalités qui dirigent la France, c'est normal et c'est heureux. On aurait plutôt à s'inquiéter d'un consensus général, où tout le monde ronronne. Ce sont les ambitions et les rivalités qui font avancer les hommes et les projets. Pas la peine d'en faire tout un foin !

Et si, finalement, Chirac n'avait pas été un si mauvais président ? C'est l'histoire et le recul qui nous le dirons, dans 20 ou 30 ans seulement (au plus tôt). En attendant, nous sommes prisonniers, dans notre appréciation, de ce que nous en disent les médias, qui font véritablement écran entre les français et leur classe politique. Et ces médias parisiens ont décrété que Chirac est mauvais, qu'il doit partir, qu'il est en fin de règne et que rien ne va plus. Il faudrait qu'ils comprennent, tous ces pontifes de la télévision, de la radio et de la presse écrite, qu'en jouant ainsi avec le public, il y laissent leur crédibilité. C'est comme cela que des journaux comme Libération se cassent la figure. Il n'y a pas à chercher plus loin.