L'expression "l'esprit du sport" m'a toujours interpellé et étonné. De la même manière, j'ai du mal à penser que le sport véhicule des "valeurs". Le sport, c'est pour moi une activité physique, nécessaire pour rester en bonne santé et peut être un plaisir (pour certains). Bref une saine occupation, ce qu'elle a cessé d'être à haut niveau, bien que l'on tente encore plus ou moins de nous le faire croire.

La coupe de monde de football approche, je vais donc prendre l'exemple de cette discipline, mais le raisonnement vaut pour tous les autres. On nous ressert à cette occasion tout le discours marketing, agrémenté d'une bonne dose de nationalisme, dans un but bien précis: nous amener dans les stades et surtout devant nos téléviseurs. Les jeux Olympiques sont un autre grand moment où la sauce monte, et les journalistes sportifs sont assez phénoménaux dans ce rôle. Dans un deuxième temps, on exploite la notoriété des équipes et des sportifs en les transformant en hommes sandwich, pour des pizzas, des casques audio, voire des crèmes dessert. Ce que l'on appelle sport est devenu un simple spectacle, au même titre que le cirque et le cinéma. On change les règles lorsqu'elles ne conviennent pas au format télévisé où qu'elles ne permettent plus d'assurer un spectacle satisfaisant. La Formule 1 et le football américain sont très bons à ce jeu là. Il faut reconnaitre pour être honnête, que parfois, le spectacle est bon, même excellent. Je souviens d'un France-Bresil lors de la coupe du monde 1986, ou d'un France-Italie à l'euro 2000 qui étaient de toute beauté, avec une intensité, du suspense, des retournements de situation. Bref, du grand art, mais qui reste du spectacle.

Mais a coté de cela, les coulisses du football (et des autres sports), c'est une histoire d'argent et rien d'autre. L'esprit du sport professionnel, c'est le bussiness, et rien que cela. Les rencontres truquées sont légions. En Italie, un énorme scandale est en train de naitre sur le trucage du championnat 2004-2005, avec des matchs arrangés entre la juventus de Turin, le Milan AC, la Lazio de Rome et la fiorentina. Dans le même temps, on commence à s'intéresser aux finances de la FIFA, et là encore, c'est pas joli à voir. Quel décalage avec le discours très "pierre de Coubertin" sur la noblesse du sport, le dépassement de soi et autres valeurs d'amateurisme! Le discours sur le dopage est exemplaire à cet égard. Officiellement, c'est interdit et on lutte. Dans les faits, les contrôles antidopages sont des passoires, la recherche pharmaceutique ayant toujours une longueur d'avance. A chaque fois qu'un scandale éclate, on nous jure la main sur le cœur que c'est marginal, que bien entendu des mesures vont être prises pour renforcer encore la lutte. Que je sache, on continue à contrôler positif et les moyennes horaires des coureurs du Tour de France ne cessent d'augmenter.

Bonne coupe du Monde de football quand même !... pour ceux qui aiment