Cette semaine dans "Le Point", interview rafraichissante d'Yves Chauvin, prix Nobel de Chimie 2005. Ce savant nous offre une leçon de modestie, et renvoye bien des analystes à leurs chères études et à leurs faux problèmes.

La planète change, le monde bouge, faut-il en avoir peur ? Ce monsieur de près de 80 ans nous apporte un regard d'une luminosité et d'une fraicheur inhabituelle dans nos médias grisâtres. A quoi cela sert d'avoir peur? La planète s'en fout de ce que l'on pense, et de toute manière, l'homme a une capacité d'adaptation formidable. Il y a moins de pétrole, et bien on voyagera moins et on fera plus de marche, c'est bon pour la santé. Les générations précédentes ne partaient en vacances à l'ile Maurice, elles n'en étaient pas malheureuses pour autant. Des catastrophes, il y en a eu, et il y en aura encore et bien souvent, nous n'y pouvons rien. Et pourtant, nous sommes toujours là ! Alors ayons un peu confiance en nous et en nos descendants !

La seule véritable inquiétude d'Yves Chauvin, c'est la surpopulation. Notre inventivité trouve sans cesse de nouvelles ressources, le problème est que la population augmente elle aussi et que lorsqu'il n'y a pas assez de ressources pour tout le monde, les conflits sont inévitables. L'avenir de l'espèce n'est pas en danger, mais la "régulation" peut engendrer des troubles à l'échelle planétaire, avec des crises aigües ou latentes. Le reste, on s'y fera bien.

Cette vision me plait, car elle ramène l'individu à ce qu'il est, un élément, modeste, parmi d'autres au sein d'une longue durée. Le destin à long terme de l'humanité est à envisager en masses et en tendances, sur plusieurs milliers, voire centaines de milliers d'années. Nous sommes à un moment X avec derrière nous plus de 35 000 ans d'évolution. Finalement, nous ne sommes pas grand chose à cette échelle, alors arrêtons de nous pourrir la vie pour rien.