On fustige volontiers la longévité et l'âge avancé des dirigeants politiques français. Pourtant, ce n'est rien à coté de l'Italie. Le président de la république, Carlo Azeglio Ciampi, âgé de 85 ans, termine son mandat dans quelques jours. Il a la sagesse de ne pas souhaiter rempiler, ce qui lui a été pourtant demandé de manière insistante. Il est en effet considéré comme une personnalité incontournable et consensuelle. Mais finir un second mandat à 92 ans, ce serait le nouveau record d'Europe, actuellement détenu par le grec Constantin Caramanlis, qui a quitté ses fonctions de président de la république à l'âge de 88 ans.

Le pompon, c'est quand même la candidature de Giulio Andreotti à la présidence du Sénat. A 87 ans, il est encore en piste pour un poste important, au bout de 64 ans de vie politique et une batterie de casseroles impressionnantes. Il a dirigé l'Italie entre les années 50 et 1992, sept fois président du conseil, ministre un nombre de fois incalculable. Surnommé l'inoxydable, il est soupçonné de complicité avec la Mafia, pas clair dans l'affaire de l'enlèvement et de l'assassinat d'Aldo Moro en 1978, récemment inquiété dans l'enquête sur l'assassinat d'un journaliste, le tout sans jamais être condamné. Et en plus Andreotti a réussi à se faire nommer sénateur (avec immunité parlementaire) à vie. Jacques Chirac à coté, c'est un amateur !

10 mai, élection du successeur de Ciampi. Il s'appelle Giorgio Napolitano. C'est un petit jeune de 80 ans, qui a commencé sa carrière politique en 1953. Il est lui aussi membre de la confrérie des increvables (autrement appelés sénateurs à vie). Comme il est élu pour 7 ans, il peut battre le record de Ciampi de sortie de mandat. Quant à celui d'Andréotti et ses 64 années de vie politique...