L'affiche de l'élection présidentielle pour 2007 est maintenant à peu près connue. A droite comme à gauche, les jeux sont faits et sauf accident toujours possible, la liste des poulains appelés à s'aligner est quasi définitive.

A droite, Dominique de Villepin est définitivement hors course, même ses amis s'en sont rendu compte et se dirigent vers l'écurie sarkoziste. Certes, Chirac et ses plus farouches partisans auront du mal à accepter, et risquent de lancer quelques pointes, mais la route est dégagée pour Nicolas Sarkozy. Il sera flanqué de petites candidatures de "niche". Le vicomte de Villiers parti braconner sur les terres du Front National (marécages nauséabonds compris), Christine Boutin, qui remplacera le vicomte dans le cœur de la droite traditionaliste, peu encline à fricoter avec le populisme de bas étage. François Bayrou, en campagne permanente depuis 2002 sera aussi de la partie, comme outsider surprise espérant bénéficier d'une chute éventuelle du favori de son camp. A l'extrême droite, Jean Marie Le Pen a repris son bâton de pèlerin pour un dernier tour de piste (il a quand même 78 ans). Mais il n'a jamais été aussi menaçant, car sa présence au second tour en 2002 est encore dans tous les esprits. Pour autant, je ne lui prédit pas un grand avenir pour 2007, car son "succès" de 2002 était surtout une défaillance de la gauche. Et en politique, les plats ne passent qu'une fois.

A gauche, Ségolène Royal semble avoir fait le trou. Celle que je considérais comme une baudruche médiatique en janvier, a duré bien plus que prévu pour être encore prise à la légère aujourd'hui. Certes, elle est encore fragile et son statut de candidate officielle ne sera véritablement consolidé qu'en tenant le rythme jusqu'aux vacances d'été. Si elle se présente dans une situation aussi favorable à la rentrée, c'est plié. Elle a bénéficié du vide dans son parti, entre le patriarche qui a tout plaqué et les éléphants défraichis. Elle aussi sera entourée d'une nuée de petits candidats, qui lui donneront plus de soucis que son adversaire de droite. Les trotskystes enverront leurs deux éternels candidats, Arlette et Olivier, l'une en fin de carrière mais ayant fait ses preuves, l'autre en pleine ascension et voué à la même longévité. Les Verts ont enfin fait le choix d'être un peu sérieux et de mettre en avant des professionnels crédibles. Maintenant, qui de Voynet ou de Cochet ? Bien malin qui peut prédire le résultat d'un vote interne chez les verts. Enfin, Marie-Georges Buffet, qui a fermement pris en main les rênes de ce qui reste du communisme officiel, ne pourra pas faire autrement qu'y aller, sinon à quoi sert encore le PCF ? Je crois moins aux autres candidatures, type Chevènement ou José Bové. Leur seul atout est médiatique, sans troupes ni argent ni programme lisible, ils n'iront pas bien loin.

Comme d'autres, je me livre donc au jeu de la voyante, qui un an avant, donne le résultat. Après consultation de la boule de cristal et du marc de café, je vois une victoire au deuxième tour de Nicolas Sarkozy sur Ségolène Royal. Pour plus de détails et d'explications sur cette fulgurante prédiction, attendre d'autres billets, que je reprenne quelques cafés.