Lors des différentes hospitalisations d'Abdelaziz Bouteflika, on a beaucoup entendu le professeur Bernard Debré, au point que certains ont pu croire que le président algérien était hospitalisé dans son service au val de grâce. Le professeur Debré n'a en fait rien à voir médicalement avec le président algérien, hospitalisé pour des troubles à l'estomac (officiellement ulcère, plus vraisemblablement cancer) puisqu'il est urologue et que ce sont davantage les prostates qui sont de son domaine de compétence. Ensuite, le professeur Debré est un médecin civil, qui a officié à l'hôpital Cochin, et le val de grâce est un établissement militaire.

Les médias auraient pu s'adresser à de vrais spécialistes de l'estomac, il en existe sans doute d'excellents. Mais aucun ne pouvait répondre aussi bien au cahier des charges médiatique que le professeur Debré. En effet, il passe très bien à la caméra, sait s'exprimer calmement. C'est une tête connue des français depuis qu'il a fait partie de l'équipe qui a opéré François Mitterrand en 1992. Il est donc identifié comme "professeur de médecine". Enfin, en tant qu'ancien ministre, député et candidat aux prochaines municipales à Paris, il est connu des journalistes, qu'il fréquente à plusieurs titres.

Il est donc "référencé" dans les rédactions, comme un produit peut être "référencé" dans les grandes surfaces, et chaque fois que l'on a un sujet "chirurgie", on fait appel à lui. Qu'importe s'il n'est pas l'intervenant le plus pertinent et qu'il n'a aucun accès au dossier médical du patient, il fait l'affaire. Les médias ont malheureusement cette tendance fâcheuse, que je ne suis pas le seul à remarquer, à faire appel toujours aux mêmes, ceux qui sont dans les carnets d'adresses, sans trop se soucier du fond. Parfois cela se passe bien et les intervenants sont réellement bons, parfois ils sont à coté de la plaque et on est dans l'à peu près. Ainsi va le JT.