Lundi dernier, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika en a remis une couche sur la colonisation française, parlant de "génocide culturel" et de "cécité mentale confinant au négationnisme et au révisionnisme" pour qualifier la loi française du 23 février 2005 sur les rapatriés et harkis.

Certes, la colonisation française de l'Algérie n'a pas été ce qu'il y a eu de plus brillant et honorable pour notre histoire. Et cela ne concerne pas que la colonisation de l'Algérie. Ce qui s'est passé à Madagascar en 1895-1898 et en 1947 n'est pas franchement à notre honneur non plus. Pour autant, lorsque l'on veut véritablement lever le voile et lutter pour la vérité, il faut le faire complètement. Les historiens sont encore bien timorés (du moins dans les médias) sur l'histoire de l'Algérie contemporaine, celle qui est indépendante depuis 1962. Quel bilan pour les élites qui ont pris les commandes au départ des français ? Comment ont-ils trouvé l'Algérie et qu'est ce qu'ils en ont fait ? Combien de morts, combien de torturés en 1962, mais aussi dans les années 1990 ? On ne peut pas dire que cela a été une réussite, alors qu'un pays voisin, la Tunisie de Bourguiba, a connu une autre destinée. Comme quoi, il n'y a pas de fatalité et la réussite d'un pays dépend beaucoup de la valeur de ses dirigeants.

Abdelaziz Bouteflika est un de ceux qui ont dirigé l'Algérie de ces trente dernières années, puisqu'il était ministre de Boumedienne dans les années 70 avant de devenir président en 1999, avec le soutien de la haute hiérarchie militaire. Cette nomenklatura du FLN qui a mis le pays en coupe réglée, il en fait partie. Et aujourd'hui, face au bilan désastreux, notamment économique, il ne trouve rien de mieux à faire que de masquer ce monumental gâchis en relançant un nationalisme agressif vis-à-vis de la France. Comme si cela allait améliorer la situation des algériens !

Le plus cocasse est quand même dans cette concomitance des évènements. Le lundi, monsieur Bouteflika crache sur la France, et le jeudi de la même semaine, il est à Paris, dans un hôpital militaire, pour se faire soigner. J'espère qu'en partant, il aura la décence de remercier l'armée française pour ce qu'elle a fait pour lui.