Le décès de Philippe Muray et les hommages qui lui ont été rendus m'ont donné envie d'aller y voir de plus près. Je me suis donc plongé dans "Festivus festivus, conversations avec Elisabeth Levy". J'aime bien rencontrer un auteur par le biais d'un livre d'entretiens. On y découvre ses passions, son histoire, ses positions, ses ennemis. Si cette première étape est positive, on peut passer à autre chose de plus consistant.

Pour Philippe Muray, cette première étape est plus que mitigée. Certes le style est flamboyant, les idées et les points de vue surprenants. Il se lance avec délices dans la chasse aux bobos, épinglant leurs travers et notamment leur coté "toujours festif". C'est d'ailleurs le fil conducteur de cet ouvrage. Quand on les a sous les yeux en permanence, cette charge féroce fait plaisir à lire, puis elle finit par lasser, comme l'excès de sucreries peut provoquer des hauts le coeur.

Philippe Muray est souvent excessif dans ses dénonciations et surtout, il se complait dans l'incantation. Il démolit, fustige, certes avec style, mais il ne propose pas grand chose. Les mêmes thèmes reviennent, déclinés sur tous les tons. Quelque part, il me donne l'impression d'être un bobo de droite, l'image inversée de ceux qu'il dénonce. Son style, lui aussi, amuse, séduit, puis finit par lasser. Déception donc. Muray oui, mais à petites doses.