Le fait du prince vient de tomber. Le CPE est mort-né. En vertu de l'article 20 de la constitution de 1958, qui dispose que "le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation" et de l'article 34 qui dispose que "la loi est votée par le parlement", le président de la République vient d'annoncer que l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances sera remplacé par un dispositif en faveur des jeunes en difficulté. Même la face n'est pas sauvée.

Fin pitoyable et prévisible d'une tragi-comédie politique. Nos institutions et notre classe politique sont véritablement au fond du trou, sentiment d'ailleurs partagé, en France et à l'étranger. Jamais l'esprit monarchique n'aura soufflé aussi fort. Ce dispositif du CPE n'était pas mauvais en soi, mais imposé d'en haut sans aucune concertation, il n'avait aucune chance. Les élites sûres d'elles même, fières et dominatrices ne sont plus acceptées. Il faut vivre avec son temps, Monsieur de Villepin ! Et vous vous êtes planté, l'époque n'est plus à l'héroïsme individuel et au panache, mais à la modestie et à la coopération.

J'attends maintenant que les "conséquences" soient tirées par les responsables, en premier lieu par Dominique de Villepin. La démission s'impose, pas seulement pour lui, mais aussi pour tous ceux qui sont aux commandes du Pays. Qu'ils soient de Droite ou de Gauche, ils ont fait la preuve de leur épuisement et du vide de leur projet. Il est temps de laisser la place...