Le français est un animal craintif et frileux. Il cherche en permanence la protection maximale, la sécurité. Le refus du risque et de l'aléa semble inscrit dans nos gênes.

Les débats actuels nous offrent encore une illustration, avec un mot qui revient sans cesse "précarité", mis à toutes les sauces et chargé de tous les maux. Il faudrait la combattre, pour assurer à tous la sécurisation maximale (sécurité de l'emploi, sécurité alimentaire, sécurité tout court). Mais on oublie que tout en ce bas monde est précaire, y compris la vie. Comment expliquer ce refus du changement, qui est quelque part un refus de grandir. La France aimerait tellement rester dans l'enfance, où on est aimé, protégé du monde extérieur, nourri et logé gratuitement par des parents bienveillants, qui ne réclament finalement pas grand chose. Les français ont donc inventé l’État. Comme des enfants, les français veulent que l’État s'occupe d'eux, leur donne une belle chambre, logement spacieux et aéré (qui pour certains est un droit), que le repas les attende tout chaud, qu'il n'y ait plus qu'à mettre les pieds sous la table. En même temps, il faut que l’État les laissent faire ce qu'ils veulent, s'ils ont envie de faire de la musique, de sortir le soir et de rentrer à plus d'heure. Comportement typique de l'adolescence et rêve de soixante-huitards. C'est comme cela dans tous les domaines: travail à vie dans la fonction publique, protection en tant que consommateur, protection santé, retraite assurée (le plus tôt possible) et j'en passe.

Il est peut-être temps de grandir et de se prendre en main. Les enfants doivent un jour quitter la maison des parents pour faire leur vie et affronter le monde. C'est risqué certes, il faut prendre ses responsabilités et assumer les choix, sans pouvoir se réfugier dans des bras protecteurs. C'est une rupture traumatisante, mais un étape indispensable pour avancer. Grandir, c'est aussi faire fructifier ses capacités, créer et construire. C'est ce que la France a fait aux siècles passés, mais qu'elle ne fait plus aujourd'hui. Quand on arrête de se regarder le nombril et qu'on lit un peu la presse étrangère, la France apparait comme pays en perte de vitesse, qui n'a pas produit grand chose de bon depuis 30 ans.