Les débats sur le projet de loi égalité des chances ont commencé à l'Assemblée nationale. La Gauche a décidé de jouer la montre, en faisant trainer les discussions. Pour cela, il y a de multiples possibilités et astuces, savamment utilisées par quelques vieux routiers tels que le communiste Jean-Pierre Brard. C'est de bonne guerre. Dans le même esprit, il est normal que l'opposition s'amuse à titiller et à tester un ministre débutant, surtout s'il n'est pas issu du monde politique. Azouz Begag s'attendait donc à être mis sur le grill.

La séance de nuit du 1er février 2006 a dépassé les limites de l'acceptable. Un débat parlementaire peut être vif, mais là, on s'est trouvé dans une ambiance de haine, à la limite de la violence physique. Le compte rendu des débats ne rend qu'imparfaitement compte de l'ambiance qui règnait dans l'hémicycle. Le traitement que les socialistes ont réservé à Azouz Begag est ignoble et indigne. Ils n'ont pas cessé de l'interrompre, avec des propos durs et des insultes (dont ils ont aussi copieusement arrosé les députés UMP). Le fond de ces attaques, où Henri Emmanuelli s'est particulièrement illustré, vient du choix de l'UMP par Azouz Begag. La Gauche prétend avoir un monopole sur les "beurs" et sur les questions sociétales liées à l'immigration. L'arrivée d'une personnalité emblématique dans un gouvernement de Droite est vécu par la Gauche comme une intrusion intolérable dans une chasse gardée. Il faut donc faire payer le "fautif". Espérons que la suite des débats sera d'une autre tenue.